Le fait d’écrire de manière aussi irrégulière à l’avantage indiscutable que cela me donne toujours une introduction en béton, où je peux m’étendre sur deux ou trois paragraphes, en m’exclamant que je suis une pauvre merde qui n’est même pas capable de sortir un billet par mois, que dans toute la blogosphère il n’y pas plus feignant, mais que c’est promis, que j’ai vu la lumière et que je vais écrire aussi régulier que les réveilles à 3 heures du mat de l’un de mes trois garnements.
C’est en découvrant un blog ce matin que j’ai retrouvé la foi. Alléluia mes frères et mes sœurs, loué soit le blog de Jaddo dresseuse d’ours, qui m’a fait rire in petto tout le long de mon trajet à Cerdanyola del Vallès. Loué soit aussi Saint Boulet pour la bonne adresse.
Comme quoi parfois il suffit de voir ailleurs pour repartir de plus belles (au cas ou matendreepouse© tombe sur ces quelques lignes, je lui prie de ne pas faire de fausses interprétations). Mais la vérité vraie est que je n’ai pas pris beaucoup de temps pour moi cette dernière année, entre la naissance du troisième petit monstre et la mise en marche du studio mes journées ressemblent plus à celles de Bill Murray dans un Jour sans fin, mais sous speed. Ca sent la routine, mais ce n’est pas la routine, plutôt une routine chaotique, le scénario est souvent le même, mais le cliffhanger est chaque fois différent…
Ce matin par exemple : amener les trois schtroumpf à l’école/crèche (barrez la mention inutile selon l’âge du sujet), puis course épique pour rattraper un train (avec en musique de fond le BO des Chariots de Feu), sauter comme John Wayne dans le wagon, regarder les autres passagers avec un regard de fierté masculine qui suinte le Brut pour homme, pour finalement se rendre compte qu’on a pris le train dans le mauvais sens…
Et n’est pas fini ma petite dame, une fois dans le bon train la honte me dévore, sachant pas très bien si je dois faire seppuku tout de suite ou répondre d’abord à mon téléphone.
J’aurais du me faire harakiri, au bout du fil un client, un peu énervé. Il m’explique qu’il aime beaucoup la web qu’on lui a fait, mais qu’il y a un truc qui ne va pas du tout, mais alors pas du tout, même qu’il n’est pas content et que franchement on pourrait être un peu plus professionnels que ça. Il n’est pas convaincu du design, franchement il est moche et même que peut-être il est horrible.
Moment zen. Respiration profonde. Les oiseaux chantent et le soleil brille. La jeune fille en face de moi a les tétons qui pointent… je m’égare. Revenons à la réalité.
Je prends ma voix la plus douce et annonce avec une courtoisie qui ferait passer le maître de protocole de la reine d’Angleterre pour un roturier au langage fleurie et imagé, que le design n’est pas notre création, que c’est lui adorable et respecté client qui nous l’a fourni. Nous, humbles ouvriers du pixel pas dignes de marcher sous le même soleil que lui, nous sommes simplement limité à programmer son design (que soit dit en passant n’est pas horrible, il est exécrable). Long silence, le client me demande d’une petite voix si je ne pourrais pas lui envoyer un devis pour refaire le design de son site.
C’est marrant, c’est ce qu’on lui avait proposé lors de notre premier rendez-vous.
Finalement ce blog a du bon, c’est un peu comme un punching-ball, on peut y déverser avec hargne l’amour pour son prochain.
Alléluia mes frères et mes sœurs, je suis de retour !