Archive for février, 2009

fév
4

C’était mieux avant: aujourd’hui les mails

L’autre jour en faisant semblant de ranger une armoire pleine de trucs indispensables à mes yeux et encombrants selon ma tendre épouse, je suis tombé sur un vieux classeur bourré de lettres. C’était en grande partie une correspondance que j’ai maintenu pendant plusieurs années avec une camarade de classe, dont j’avais été, faut-il l’avouer, éperdument amoureux durant mes années boutonneuses (bon,  soyons honnêtes, je n’étais pas boutonneux et heureusement, parce que c’était déjà assez difficile comme ça).

Je me souviens même, que je lui avais dédié plusieurs poèmes enflammés et passionnés, dont la qualité littéraire n’aurait même pas arraché une larme d’émotion à ma propre mère. Mais, qui avaient fait bien rire, à mes dépends, un wagon entier de voyageurs dans un train régional (y pas à dire, l’adolescence c’est trash). Mais revenons à nos lettres, en les relisant je me suis rendu compte que cela fait une éternité que je n’en ai écrit plus. Je tape des mails. Rien d’original, tout le monde sait que les mails ont tué le facteur. Je suis d’accord. Mais cela mérite néanmoins une petite réflexion, c’est dimanche matin, pas d’enfants ou femme à l’horizon (ils sont au ski), pas de match de rugby non plus, c’est le moment idéal pour faire une peu de philosophie de bistrot.

Pour mon travaille j’écris beaucoup, et là chose étonnante je commence toujours par écrire sur du papier. Tout le processus « créatif », désolé pour utiliser des gros mots, se fait avec ma plume à encre et du papier. Je peux ainsi noircir plusieurs pages d’idées ou de conneries, c’est selon. Par contre quand j’écris sur mon blog, c’est direct sur l’ordinateur. Je dois être un romantique incorrigible (cf. plus haut), mais j’ai la sensation que le fait de ne plus passer par le papier tue l’âme d’un texte. Pas que j’ai une quelconque prétention avec ce blog, mais force est de constater qu’il est plus facile d’étaler des lignes et de lignes de texte en frappant sur un clavier, que noircir des pages à la force du poigné.

Je suis même persuadé qu’une même lettre envoyée par courrier ordinaire est émotivement plus forte  que son clone électronique. A force de pouvoir envoyer des messages qui sont instantanés, Mails, SMS ou Messenger le texte devient comme un vin de tétra bric. Il n’a pas le temps de prendre du corps, de développer ses nuances, sa force. Le texte est devenu un produit de consommation rapide, de lire et jeter. La correspondance a perdu son identité, plus de calligraphie, plus de papier à lettre, tout est en Arial (et si votre correspondant vous veut vraiment du mal, en Comic Sans). On peut ainsi passer d’un mail vous promettant d’élargir de 10[cm] votre pénis à un autre vous apprenant le décès d’une connaissance. Tout cela dans le même format, sur le même écran.

Je regrette le contact avec le papier, oui décidément je dois vraiment être un romantique incorrigible.

fév
4

Adios Facebook

Je n’ai jamais été un fervant utilisateur de Facebook. Il y a quelques semaines j’ai pris le temps de renouer avec quelques personnes et de me connecter régulièrement pour suivre le mouvement. Mais laisser toute cette information dans les mains, ou le disque dur dans ce cas, d’une entreprise cela ne m’inspire pas confiance. Un article dans Libé a confirmé mes craintes. Du coup plus de Monsieur Poulet sur Facebook, qui m’aime me suive! Enfin lisez mon blog, c’est déjà largement suffisant!

fév
2

Les plus belles dictatures du monde, aujourd’hui le Zimbabwe

Lu dans The Times (oui ma p’tite dame, il m’arrive de lire le Times, histoire de la jouer). Mugabe, président (doux euphémisme) du Zimbabwe, fête son 85 anniversaire en petit comité. Au programme : 2.000 bouteilles de champagne (Moët & Chandon et 61 Bollinger), 8.000 langoustes, 100 kilos de crevettes, 4.000 portions de caviar, 3.000 canards, 16.000 œufs, 3.000 tartes de chocolat y vanille y 8.000 boîtes de bombons Ferrero Rocher…

Le Zimbabwe :

  • Est officiellement la pire économie du monde, la semaine dernière la banque centrale a éliminé 12 zéros à la monnaie nationale pour lutter contre l’hyperinflation. Estimée à 231.000.000%
  • 94% taux de chômage
  • 3000 morts par épidémie de cholera et plus de 60000 infectés
  • Et on ne compte plus le morts par malaria ou suite à l’infection du virus du SIDA

Bon anniversaire monsieur le président, moi je vais aller vomir dans un coin.

fév
3

Je vais me raser…

bacon_study1953Sale temps pour les barbes de 5 jours (avec coefficient de variation de plus au moins 72 heures). Jeudi dernier, en déplacement profesionnel à Madrid je me suis fait contrôler à tout bout de champ par des services d’ordre divers et variés. Si l’on met de côté que maintenant pour passer sous le détecteur à metaux il faut se mettre presque à poil et que malgré cela, cette satanée machine continue à biper, il y a un truc qui me paraît un peu surréaliste:

Vu que j’avais deux heures à tuer avant de reprendre mon vol vers Barcelone, je suis allé au musée del Prado pour visiter l’expo temporaire qu’ils consacrent à l’œuvre de Francis Bacon. Je mourrais d’envie de voir cette rétrospective sur son travail, car c’est un artiste qui m’a toujours fasciné et que je trouve néanmoins très difficile d’accès. N’ayant jamais eu l’occasion d’aller au TATE où le gros de son œuvre est exposée, l’expo du Prado était l’endroit idéal pour me faire une idée détaillée de son travail (faut dire que le TATE a apporté une quantité non négligeable des tableaux de Londres à Madrid pour l’occasion).

L’expo est très bien montée à mon goût, créant des espaces par conceptes  (Animal, Zone, Appréhension, Crucifixion, Crise, Archive, Portraits, Memorial, Epique et Final), permettant ainsi un approche plus facile du travail de Bacon. Les variations sur le portrait du Pape Innocent X de Vélazques et la série des Hommes Blues m’ont énormément impressionnés. Il y a une force, une brutalité terrible dans ces traits. C’est vraiment la synthèse de ce que l’homme peux avoir de plus monstrueux au fond de son âme. Bref je recommande cette expo si vous passez à Madrid avant la fin mai.

Cela étant dit, je reviens à mes premiers propos. En laissant mes affaires au vestiaire du Prado. La sécurité à passé mon sac au scanner. Voyant que j’avais un ordinateur on m’a obligé de l’allumer et de lancer une application pour montrer qu’il fonctionnait… Je n’ai pas très bien compris pourquoi… S »ils le passent au scanner, ils doivent bien voir qu’il n’est pas bourré d’explosifs, non?

Chose encore plus curieuse, en prenant l’avion de retour à Barcelone, on m’a refait le même coup à l’aéroport. Si quelqu’un peut éclairer ma lanterne…

fév
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Achab, Tome 2 par Patrick Mallet

Achab, Tome 2Le 4 février sort le tome 2 d’Achab. Une Bd de Patrick Mallet. Elle raconte l’histoire du capitaine Achab bien avant qu’Ishmael monte à bord de son navire. L’histoire nous ramène à l’enfance d’Achab. Orphelin, élevé par une vieille tante perturbée. Il ne rêve que de rejoindre la mer, là où naviguent ses deux frères. Et surtout, là où vit le terrible Moby Dick qui a trainé dans les bas fonds de l’océan son père. Le deuxième tome nous raconte la première sortie en mer d’Achab sur un baleinier.

Patrick a un très grand sens du découpage, ce qui rend sa narration extrêmement prenante. C’est un auteur qui se bonifie d’album en album. J’ai l’immense chance de recevoir tous les deux jours deux planches en noir et blanc par mail de son travail en cours pour que je lui fasse des remarques. Et je me souviens que lors de son premier album il y a quelques années, je lui envoyais souvent des commentaires et des remarques. Lors de la lecture du deuxième d’Achab j’ai envoyé un seul mail et il disait : C’est excellent ! La preuve il a, enfin, gagné le prix Töpffer de la ville de Genève.

Bonne lecture, pour l’acheter c’est par ici !