Godus

C’est devenu monnaie courante, les « petits » éditeurs ouvrent l’accès à leur jeu, en plein développement, moyennant un prix qui est généralement plus bas que le prix de vente finale. On vous donne accès à un jeu qui est souvent loin d’être fini.

Pour l’éditeur il y a au moins trois avantages:

Tout d’abord lever des fonds, s’il y a un véritable engouement pour le jeu les joueurs de la première heure s’avèrent plus généreux que le meilleur des business angels.
Ensuite vous avez à disposition une armada de « hardcore gamers » (le casual se lance rarement dans ce type d’aventure) qui va tester votre jeu sous tous les angles et qui se gênera pas de vous faire savoir ce qui va pas… Normalement on paie les testeurs… là c’est eux qui ont payé et ils ne comptent pas les heures et ils pourraient même donner des bonnes idées.
Pour finir vous avez à disposition une horde de potentiels journalistes en herbe, qui se feront un plaisir de parler du jeu sur le réseau (toujours gratuitement). C’est une arme à double tranchant, parce qu’ils font rarement dans la nuance… mais après tout ce qui est important ce qu’on parle du jeu… non? Une campagne de lancement sans frais (enfin aux frais des joueurs).

Comme joueur (je dirais même client), vous avez accès à quelque chose qui ne sera officiellement sur le marché que dans plusieurs mois, voir plusieurs années… Vous avez aussi l’impression de participer à l’élaboration de quelque chose. De voir le projet grandir et vous pouvez même, peut-être, y apporter votre petit grain de selle (gratuitement). Mais les désavantages sont nombreux; c’est un jeu en développement, il y a donc des bugs, des choses incomplètes voir absentes. Il se peut que la version que vous avez ne marche carrément pas avec votre ordinateur. Mais vous ne pouvez pas vous plaindre, vous savez ce que vous avez acheté. Un truc pas fini, à vos risques et périls. Il se peut même, si vous n’avez pas de chance, que le jeu ne soit jamais fini.

Je suis très mitigé sur cette manière de faire, dernièrement je me suis lancé à l’eau avec deux jeux en cours d’élaboration: Rust et Godus. Je n’ai pas encore joué suffisamment à Rust pour en parler correctement (mais j’en parlerai le moment venu), mais mes premières impressions sont plutôt bonnes, si l’on excepte le fait que le faire tourner sur Mac est un véritable défi (mais encore une fois ce n’est qu’une version alpha). Par contre j’ai déjà quelques heures de Godus derrière moi.

Godus c’est le nouveau jeu de Peter Molyneux (Populus, Dungeon Keeper, Black & White…), le maître incontesté des God Games et une sommité dans le milieu du jeu vidéo. Godus a été lancé financièrement sur Kickstarter fin décembre 2012(site de financement communautaire à se demander si quelqu’un comme Molyneux devrait chercher là son financement) et y a récolté presque 800’000 $. Le jeu a été lancé (en version bêta, donc en développement) sur Steam en septembre 2013. Le jeu actuellement à la vente représente environ 40% du jeu final. Il reste donc pas mal de boulot. Son prix de vente est de 18.99$.

Dans Godus vous incarnez un dieu qui veille sur ses braves brebis égarées. Vous les aidez à atteindre une meilleure qualité de vie, car plus elles sont heureuses, plus elles croient en vous. Vous avez pour cela à disposition un arsenal de calamités divines (météorites, explosions de volcans, l’index divin qui écrase tout au bout de son doigt…) mais aussi des artefacts qui améliorent leur quotidien (meilleure santé, meilleure productivité, etc). Vous pouvez aussi terraformer la planète et ainsi aménager un meilleur espace de vie à vos protégés. Tout cela coûte de la croyance, qui est représentée par des jolies bulles roses qui flottent au dessus des demeures des vos ouailles et qu’il faut collecter en cliquant dessus. Plus de croyants, plus de pouvoirs, l’équation est simple.

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Le jeu commence à l’âge de pierre et l’idée est d’arriver à l’ère spatiale. Pour passer d’un âge à l’autre vous devez acquérir une certaine quantité de cartes de développement qui apportent un nouveau savoir faire à votre peuple. Ces cartes s’obtiennent de deux manières; soit en atteignant des objectifs (une quantité X de population par exemple) ou en combattant d’autres joueurs (pour le moment ces joueurs sont simulés par l’ordinateur, mais dans sa version définitive cela devrait être des joueurs qui se prennent aussi pour dieu). Ces cartes de développement pour être activées doivent être « nourries » par des cartes de ressources (or, viande, blé, etc). Les cartes de ressources sont cachées un peu partout sur votre terrain de jeu, il faut un peu creuser ou carrément déplacer des montages pour les trouver. Vous en obtenez aussi comme récompense lorsque vous battez un autre joueur.

L’idée des cartes me plait bien, vous vous trouvez à collectionner des cartes Panini de l’évolution humaine (elles sont joliment rangées dans un cahier), ce serait intéressant de pouvoir échanger ses cartes avec d’autres joueurs, mais je ne sais pas si cela est prévu.

Pour finir, il existe les gemmes. Elles sont récoltées par vos fidèles à coup de pioches dans les mines à gemmes (assez rares). Les gemmes permettent d’acheter des cartes de ressources ou certains type d’améliorations.

Sur le papier Godus c’est bien. Graphiquement c’est intéressant. Ludiquement ce n’est pas encore ça et au niveau programmation encore moins. Je suis pleinement conscient qu’on paie pour un jeu en développement. Finalement c’est comme acheter un disque encours de d’enregistrement, les instruments sonnent parfois faux, c’est mal mixé, les paroles ne sont pas encore bien définies et la chanson peut s’arrêter en plein milieu… C’est excitant et frustrant à la fois. Sachant que le développement d’un jeu est un chemin semé d’embûches et qu’il n’est pas rare qu’il soit simplement abandonné, le risque existe de ne jamais voir la version définitive de Godus (surtout si l’on connaît la tendance de Molyneux à survendre l’aspect finale de ses jeux… sinon demandez à ceux qui attendaient Fables plein d’espoir).

En contrepartie vous pourrez dire j’y étais, maintenant reste à savoir si cela vaut 20$.

janvier 23 / 2014
Auteur Monsieur Poulet
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Une experience québécoise

Il n’y a pas à dire le temps file à la vitesse d’un skieur hors piste (désolé), mine de rien voilà 4 mois qu’on débarquait sur le tarmac de l’aéroport de Montréal avec du sable chaud de Barcelone encore collé derrière nos oreilles. Toute la famille Rantanplan avec armes et bagages… Bon dans notre cas seulement avec bagages, nul envie d’alarmer le poste frontière à posteriori.

Donc voilà, quatre mois sur sol quebecois, j’ai mangé de la poutine et j’ai survécu, j’ai fait du patin à glace par moins trente et je suis toujours là,j’ai payé un camembert 10 dollars et mon coeur à tenu, j’ai déblayé trois fois la voiture la même journée avec le sourire… Finalement je me suis assez vite adapté.

Au niveau professionnel c’est un peu plus compliqué, tout le monde me trouve beau et merveilleux (bon peut-être que j’exagère, disons intéressant). Mais ils voudraient que j’ai une experience québécoise avant de m’engager, du coup on rentre un peu dans une spirale sans fin… Pour avoir une experience québécoise il me faudrait un premier boulot… J’ai postulé pour des postes moins qualifiés pour avoir une première experience, mais on m’a répondu que j’allais m’ennuyer… Un vrai paradoxe.

Je peux comprendre que si j’étais un avocat spécialisé en loi urbaniste chinoise il me faudrait une véritable adaptation locale, les lois changent de pays en pays, voir de région en région. Mais moi je fais de la communication, mon boulot consiste à trouver des solutions pour mes clients, moyennant des petits dessins rigolos, des jolies petites lettres bien ordonnées et si on est chanceux avec un concept qui tient la route. Je suis complètement conscient que pour bien communiquer il faut bien connaître sa cible, qu’on parle pas à la ménagère de moins de 50 ans comme on parle au geek de 20 ans.

Je sais aussi que le contexte culturel peut varier, non seulement selon à qui on parle, mais aussi selon où on parle. Ainsi faire un « Salut, tu – va – bien? » peut créer une certaine incomprehension à toute personne qui n’a pas connu l’heure de gloire des Inconnus (excusez cette double répétition, mais ce n’est pas ma faute s’ils ont un nom aussi Nul…). Cette incompréhension peut-être autant d’origine géographique que génerationnelle. Chaque groupe a ses propre références. Un groupe pouvant contenir des sous-groupes plus spécifiques (âge, intérêts, région, etc).

Par exemple si je dis « Gangnam Style » tout le monde sait de quoi je parle, si je dis « 42 » seulement une poignée de geeks rigoleront bêtement. Le deuxième groupe étant contenu dans le premier groupe. Je crois ne pas dire une hérésie si j’affirme que depuis l’avènement des nouveaux médias ces fameux groupes se sont d’un côté énormément élargis créant ainsi une macro culture populaire. Et de l’autre côté on a aussi l’émergence de mini groupes très spécifiques qui peuvent enfin se retrouver grâce au monde merveilleux d’internet… Mais je m’égare, je suis certain que des gens très intelligents ont déjà écrit des tonnes de pages sur le sujet.

Revenons donc à mon propos. Dans le monde des agences de communication, on nous paie pour résoudre des problèmes de communication. Cela sonne redondant, mais c’est aussi simple que ça. Pour y arriver, on écoute, on observe, on analyse et on propose une solution. Ce cycle peut se reproduire pour obtenir un meilleur résultat. Ce procédé est identique que ce soit à Barcelone, Paris ou Montréal. Je suis persuadé qu’un bon professionnel saura toujours s’adapter rapidement à son nouveau environnement que ce soit à Barcelone, Paris ou Montréal (laissons le problème de langue de côté). Si on a besoin de quelque chose de très spécifique on fait appel à un spécialiste. C’est certain que parfois on peut mettre gravement les pieds dans les plats. Je me rappelle d’une jeune directrice artistique d’origine chinoise qui travaillait avec moi en agence, on bossait ensemble sur l’identité d’une nouvelle marque de jambon ibérique. Sa première proposition était un logo avec un bébé, parce que cela symbolisait pour elle le bien être et le naturel… Moi j’y voyais un ignoble acte de cannibalisme. Mais comme on travaille en équipe ces types d’erreurs peuvent être évités, pas toujours, mais en règle général on arrive a limiter les dégâts.

L’expérience locale s’acquière en vivant sur place. Dans mon cas en fréquentant mon boucher et ma boulangère, en souffrant quand les Canadiens se prennent un 6 – 0 contre les Leafs, en pestant contre le pont Champlain, en écoutant (ici on dit écouter la télé) Bye-Bye 2013 le soir du 31 décembre. C’est ça l’expérience québécoise. Et c’est mon quotidien.

Une bonne éthique de travail, le respect de ses collègues et de ses clients, l’amour du travail bien fait, un peu de folie et d’audace et surtout le bon sens sont des atouts qu’on acquière avec sa profession, en travaillant. Le facteur géographique n’intervient nullement dans ce cas… A mon humble avis.

janvier 09 / 2014
Auteur Monsieur Poulet
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Papers, please

Papers, please

Je ne sais pas si c’est un effet post procédure interminable pour devenir résident permanent au Québec, mais je suis tombé en amour (elle était facile cette là) avec le jeu « Papers, please. »

Bienvenue à Arstotzka, glorieuse république communiste où règne la dictature du prolétariat. Vous avez l’extrême honneur garder frontière de notre belle patrie et la responsabilité à ce que le sol de la glorieuse Arstotzka ne soit pas foulé par les pieds impurs d’un criminel ou un contrebandier. Vous mériterez votre salaire à la sueur de votre front, chaque erreur sera justement puni et pourrait nuire à votre bien être et celui de votre famille. Il faudra être vigilant car nombreux sont les ennemis du peuple qui tentent de s’infiltrer dans notre beau pays. Le bon peuple de Arstotzka compte sur vous, espérons vous saurez repérer le fruit pourri quand il se présente devant votre guichet. Sinon on saura vous remplacer.

Gloire à Arstotzka!

Comme vous l’aurez deviné, « Papers, please » est un jeu décalé dans sa thématique, mais aussi dans sa réalisation. Vous êtes un fonctionnaire responsable de filtrer les entrés au checkpoint de Grestin. Le jeu se déroule par phases, chaque phase étant une journée de travail (10 minutes de jeu). A la fin de la journée vous recevez un salaire. Avec ce salaire faut maintenir votre famille (payer loyer, nourriture, chauffage et frais de santé), mais attention vous êtes payé pour chaque cas traité correctement à la frontière, si vous vous trompez plus de 2 fois vous avez des amendes.

Shot07-Night

Et la chose est compliquée: pour rentrer au pays il faut montrer patte blanche, passeport, carte d’identité, empreintes digitales, visa, permis de travail, carte de santé, j’en passe et des meilleures.

Tout cela peut varier d’un jour à un autre, les règles ne sont pas les mêmes selon la nationalité de l’individu qui veut rentrer ou selon ce qu’il compte faire au pays. Vous avez à disposition un vade-mecum qui résume toutes les règles en vigueur, vous pouvez peser et mesurer, vérifier les empreintes digitales et même faire passer un rayon x aux personnes qui veulent rentrer si vous avez un doute… Mais le problème ce qu’il faut aller vite, car il faut engranger de l’argent, on a beau être dans une république du peuple, la vie est chère. Donc les erreurs peuvent vite arriver: tampon falsifié sur une visa, poids incorrect sur la carte d’identité, ville d’émission du passeport incorrect, il faut être très vigilant. Et une entité invisible est là pour vous rappeler à l’ordre, si une erreur est commise vous recevez aussitôt un telefax vous signifiant de votre mauvaise gestion.

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C’est stressant, il faut aller vite, mais ne pas louper les petits détails, on attend du coup; quasi d’une manière hystérique, le bruit du telefax nous annonçant qu’on s’est trompé. Parfois notre bon coeur voudra laisser passer une personne en détresse, en dépit des conséquences que cela peut entraîner. Ajoutez à cela une intrigue qui se déroule tout le long du jeu (que je ne préfère pas spoiler ici), qui ajoute un grand plus au contenu.

Et last but not least, la réalisation du jeu. Pour bien coller à l’ambiance on retrouve un rendu proche des jeux des fins des années 80, avec une palette de couleur limitée et un design qui suinte bon le pixel. La bande son n’est pas en reste. C’est une véritable réussite.

Il y a vingt fins différentes possibles (pour le moment aucune n’a été heureuse pour moi). C’est  bien, original et pas cher. Cela me rappelle un jeu sur Spectrum 48k qui s’appelait « The Dictator« , mais cela nous rajeuni pas! Bref n’hésitez pas!

janvier 05 / 2014
Auteur Monsieur Poulet
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Le guide du mauvais père

Comme la majorité de mes livres et bandes dessinées sont quelque part au milieu de l’océan atlantique. Je suis un peu à court de lecture en ce moment, Surtout que j’ai eu l’excellente idée réinstaller complètement ma tablette iPad et du coup j’ai perdu tous les livres électroniques que j’y avais amoureusement logé dans l’espérance de les lire le moment venu!

Manque de bol le disque dur avec mes livres électroniques voguent aussi quelque part au milieu de l’atlantique… Heureusement que j’ai tout backupé avec Blackblaze (un système de backup dans le nuage vraiment très bien et pas cher) et j’ai pu récupérer deux ou trois trucs pour lire. Du coup chaque fois que je passe devant une librairie je suis comme un adapte de Weight Watchers devant une pâtisserie. Et c’est sous le sombre prétexte que c’était mon anniversaire que je suis rentré dans l’une d’elles l’autre jour. J’en suis ressorti avec un seul livre (le déménagement m’as appris que je n’ai rien à envier à l’addiction d’Imelda Marcos, sauf que moi ce n’est pas les chaussures, mais les livres) : « Le Guide du Mauvais Père » de Guy Delisle.
C’est un dessinateur que je suis depuis longtemps, depuis la sortie de « Aline et les autres » en 1999. Il a un coup de plume particulier, très narratif, un sens de l’humour caustique et un regard tranchant sur son entourage. Il est devenu célèbre suite à la série de récits illustrés sur ses séjours dans des pays qui ne sont certainement pas membre de l’amicale des droits de l’homme.

Mais revenons au Guide du Mauvais Père, c’est des courtes histoires où Guy Delisle raconte son quotidien de père. Il est l’heureux propriétaire, pardon, géniteur de deux adorables bambins qu’on a déjà eu l’occasion de connaître dans ses récits antérieurs.

Il y raconte des petites histoires ordinaires d’un père de famille qui éduque des jeunes enfants, avec un certain cynisme et beaucoup d’humour noir, chose assez inhabituelle quand on parle d’éducation. Personnellement j’ai pu m’identifier dans quelques unes des histoires, entre autre celle sur la petite souris et Guy Delisle m’a au moins permis de ne pas me sentir aussi mauvais père, au moins on est deux à être passé par là.

Merci Guy et continu comme ça!

guide_pere1Le guide du mauvais père est édité chez Delcourt (collection Shampooing). Il en parle ici sur son site.

octobre 14 / 2013
Auteur Monsieur Poulet
Catégorie bande dessinée
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Une histoire de photocopies

Après deux semaines de joies bureaucratiques québécoises j’ai pris de mauvaises habitudes. Il faut dire que même si certaines procédures sont plus au moins longues, on tente à tout moment de vous faciliter la tâche. Ainsi si on a besoin d’une copie d’un document, le fonctionnaire le scanne directement sur place ou, au pire, fait une photocopie. Cela peut sembler peu de choses, mais combien de fois je me suis retrouvé à revenir 5 fois au guichet en Espagne parce que je n’avais pas la bonne photocopie sur moi. Je croyais ce temps révolu, mais heureusement j’ai retrouvé un peu de ce flegme ibérique au détour de Westmount Square où se situe le consultât général d’Espagne.

Je m’y suis rendu par un beau matin ensoleillé, curieusement depuis mon arrivé il fait un temps incroyable. Du soleil en veux-tu en voilà, comme si l’hiver essayait de me préparer une mauvaise blague et surgir au moment le plus inattendu, préférablement un matin où confiant et téméraire je sortirai avec un t-shirt de rien du tout sur moi. Mais revenons à nos ibères (je tiens à faire remarquer que la transition est plutôt réussie, je m’en félicite, un peu d’autocongratulation n’a jamais fait de mal), me voilà devant l’un des deux guichets du consulat, pas de queue, la voie est libre. Une gentille dame m’accueille avec le sourire fonctionnaire québécois (c’est peut-être contagieux). Je lui explique que je voudrais m’inscrire au consulat comme petit espagnol en exile et y ajouter mes trois petits monstres qui sont à 50% espagnols aussi, l’autre 50% c’est plus grave, c’est français…

La dame me fait la liste de tout ce que je dois présenter comme documents, je sors fièrement mon attirail de papiers, j’ai même celui dans un format poster de Miss Juin 1983 qui a un joli tampon bleu dessus (le papier, pas la Miss Juin 1983). Et voilà que la gentille dame me demande les photocopies pour les adjoindre au dossier. Moi, en bon immigrant bien intégré, je lui demande si elle ne fait pas les photocopies sur place, à quoi elle rétorque que non et appui son affirmation en m’indiquant le communiqué placardé à hauteur des yeux juste à côté du guichet. Et qui en grandes lignes dit: « on ne fait pas les photocopies, on n’a pas que ça à foutre ». Donc j’ai fait un charmant sourire à la dame et je suis reparti faire mes photocopies.

 

L’ibère sera rude.

septembre 25 / 2013
Auteur Monsieur Poulet
Catégorie du blabla, montréal
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Changements des extrêmes

Et voilà le temps est venu de partir, après un très long processus, qui à lui seul vaudrait plusieurs billets plus ou moins drôles sur ce blog, matendreépouse®, mes trois monstres et moi-même avons croisé l’atlantique la semaine dernière pour nous installer à Montréal. Adieu la belle ville de Barcelone et sa température moyenne inter-annuelle de 16º, bonjour à la pétillante ville de Montréal et sa moyenne de 6º. Un sérieux changement de vestiaire est à prévoir.

Pendant une partie de mon enfance j’ai changé tous les 4 ans de pays. C’est comme ça que j’ai vécu du nord au sud de l’Europe et connu plusieurs cultures et coutumes. Avec le recul je vois cela comme un véritable atout, une richesse personnelle. Et il me semblait important que mes trois petits monstres puissent vivre une expérience pareille. Heureusement pour moi, matendreépouse® était du même avis. Le Québec s’est rapidement imposé comme destination idéale, c’est un parfait compromis culturel et professionnel.

Donc nous y voilà, les deux grands monstres sont dans deux écoles situées dans deux endroits diamétralement opposées, mais on a trouvé une crèche pour mini-monstre et ça c’est un véritable exploit! La ville me plaît beaucoup, les gens aussi, on oublie vite qu’il suffit d’être souriant et respectueux pour que tout aille mieux… chose que même le soleil de Barcelone n’arrive plus à faire. Je vais certainement découvrir plein de défauts à ma nouvelle ville d’accueil, mais pour l’instant on est en plein lune de miel et je compte bien en profiter!

A partir de maintenant les nouvelles seront donc montréalaises et plus barcelonaises…

septembre 17 / 2013
Auteur Monsieur Poulet
Catégorie du blabla
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